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Page:Georges de Lys - Les Conquerants de l'air, 1910.djvu/259

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plir, ne devrait pas quitter le réduit de la citadelle. Les artilleurs, non indispensables au service des pièces de campagne, marcheraient avec celles de montagne, tirées à bras ainsi que leurs munitions. La sortie s’exécuterait par le sud-est, afin de se rabattre, d’un mouvement enveloppant, vers la route de Lang-Son, axe d’attaque de la colonne de secours.

Si, durant la sortie, la ville était attaquée par les Pavillons-Noirs, la résistance aurait lieu d’abord aux portes et sur l’enceinte. Dans le cas où celles-ci seraient forcées, tous se renfermeraient dans la citadelle. Là la lutte devrait être acharnée, jusqu’à la dernière cartouche, jusqu’au dernier souffle. Plutôt que de laisser tomber ce réduit aux mains des pirates, son chef le ferait sauter. Tout était prêt pour une telle éventualité, et cette tâche était dévolue à Roland Salbris.

« Je te commets à la garde de l’honneur français, à celle de nos blessés et de ta fiancée, ajouta Sauzède en s’adressant à Salbris. Plus heureux que moi, qu’un autre devoir réclame, c’est toi qui restes au poste le plus périlleux, à celui aussi qui me tient le plus au cœur. »

Le colonel récapitula alors les effectifs. Sur les deux mille cinq cent trente hommes de la garnison, quatre cent trente resteraient, dont quatre-vingts environ hors d’état de combattre. Ceux-ci et l’ambulance seraient immédiatement transférés à la citadelle, où se réfugieraient également femmes et enfants.