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Page:Georges de Lys - Les Conquerants de l'air, 1910.djvu/94

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Aussitôt Salbris et Le Penven sortirent. Soudain le soldat les arrêta et les rejeta dans le couloir.

De la masse sombre que projetait, géométrique, un amas de madriers, Troussequin avait vu se détacher une ombre. Il la désigna du doigt qui glissait le long de ce qui lui semblait sans doute un abri, sans se douter que sa silhouette émergeante et mobile trahissait sa présence.

« Est-ce nous que l’on guetterait ? murmura Roland.

— Il faut en avoir le cœur net ! » déclara le capitaine.

Le Parigot proposa :

« Rentrez dans la salle. Entr’ouvrez le volet de façon à projeter une ligne de lumière entre le tas de madriers et le bord du quai. Je vais tourner l’obstacle en le rasant. L’individu devra bien sortir de sa cachette, et vous tâcherez de le reconnaître pendant qu’il traversera la bande éclairée.

— Mais toi aussi il te reconnaîtra, observa Hervé, si c’est un espion à nos trousses.

— Pas de danger ! risposta le Parigot ; on connaît l’art de la camoufle. Vous ne m’avez donc pas regardé ? »

Troussequin, pour venir chercher ses chefs, s’était vêtu d’une robe chinoise, coiffé d’une calotte dont s’échappait une queue postiche, jauni la peau et bridé les yeux par d’habiles coups de crayon. Il était évidemment méconnaissable. Sa voix seule avait désigné aux deux amis son identité.

Sitôt le volet disposé de façon à laisser filtrer le rais de