Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/378

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cause préparait, chaque circonstance bâtait une révolution qui déchira l’empire, et le livra pendant long-temps en proie aux horreurs des guerres civiles.

Digression sur les finances des Romains.

La tyrannie de Commode, les discordes intestines dont sa mort fut l’origine, et les nouvelles maximes de politique introduites par les princes de la maison de Sévère, avaient contribué à augmenter la puissance dangereuse de l’armée, et à effacer les faibles traces que les lois et la liberté laissaient encore dans l’âme des Romains. Nous avons tâché d’expliquer avec ordre et avec clarté les changemens qui arrivèrent dans les parties intérieures de la constitution, et qui en minèrent sourdement la base. Les caractères particuliers des empereurs, leurs lois, leurs folies, leurs victoires, leurs exploits, ne nous intéressent qu’autant que ces objets se trouvent liés à l’histoire générale de la décadence et de la chute de la monarchie. L’attention constante que nous mettons à suivre ce grand spectacle, ne nous permet pas de passer sous silence un édit bien important d’Antonin Caracalla, qui donna le nom et les priviléges de citoyens romains à tous les sujets libres de l’empire. Cette faveur extraordinaire ne prenait cependant pas sa source dans les sentimens d’une âme généreuse ; elle fut dictée par une avarice sordide : quelques obser-

    Gibbon traite cette question avec plus de détail en parlant de la monarchie des Perses, j’ai cru devoir placer ici ce qui contredit son opinion. (Note de l’Éditeur.)