Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/386

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ainsi dire à pas comptés, qu’il procéda dans l’exécution de ce projet si propre à exciter le mécontentement. L’introduction des douanes fut suivie de l’établissement d’un impôt sur les consommations[1] ; et le plan d’une imposition générale s’étendit insensiblement sur les propriétés réelles et personnelles des citoyens romains, qui, depuis plus d’un siècle et demi, avaient été exempts de toute espèce de contribution[2].

Douanes.

I. Dans un empire aussi vaste que celui de Rome, la balance naturelle de l’argent devait s’établir d’elle-même et par degrés. Comme les richesses des provinces étaient attirées vers la capitale par l’action puissante de la conquête et de l’autorité souveraine, de même une partie de ces richesses refluait vers les provinces industrieuses, où elles étaient portées par la voie plus douce du commerce et des arts. Sous le

    et 695 de Rome, l’état ne retirait pour revenu de ce vaste pays que le vingtième des affranchissemens (Vicesima manumissiomum), et Cicéron s’en plaint en plusieurs endroits, notamment dans ses Lettres à Atticus, l. II, let. 15. (Note de l’Éditeur.)

  1. Les douanes (portoria) existaient déjà du temps des anciens rois de Rome ; elles furent supprimées pour l’Italie l’an de Rome 694, par le préteur Cecilius-Metellus-Nepos : Auguste ne fit ainsi que les rétablir. Voyez la note de la page précédente. (Note de l’Éditeur.)
  2. Ils n’avaient été exempts si long-temps que de l’impôt personnel ; quant aux autres impôts, l’exemption ne datait que des années 646-94, 95. Voy. la note de la page précédente. (Note de l’Éditeur.)