Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/394

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vain titre de citoyen devint une charge réelle, imposée aux habitans des provinces. L’avide Caracalla ne se contenta pas des taxes qui avaient paru suffisantes à ses prédécesseurs, il ajouta un vingtième à celui qu’on levait déjà sur les legs et sur les héritages. Après sa mort on rétablit l’ancienne proportion ; mais, pendant son règne[1], toutes les parties de l’empire gémirent sous le poids de son sceptre de fer[2].

Réduction passagère du tribut.

Les habitans des provinces une fois soumis aux impositions particulières des citoyens romains, semblaient devoir légitimement être exempts des tributs qu’ils avaient d’abord payés en qualité de sujets, Caracalla et son prétendu fils n’adoptèrent pas de pareilles maximes ; ils ordonnèrent que les taxes, tant anciennes que nouvelles, seraient levées à la fois dans

  1. Gibbon a adopté l’opinion de Spanheim et de Burmann, qui attribuent à Caracalla cet édit qui donnait le droit de cité à tous les habitans des provinces : cette opinion peut être contestée ; plusieurs passages de Spartien, d’Aurelius Victor et d’Aristide attribuent cet édit à Marc-Aurèle. (Voyez sur ce sujet une savante dissertation intitulée : Joh. P. Mahneri, Commentatio de Marco Aurelio Antonino, constitutionis de civitate un verso orbi romano data auctore, Halæ, 1772 ; in-8o.) Il paraît que Marc-Aurèle avait mis à cet édit des modifications qui affranchissaient les provinciaux de quelques-unes des charges qu’imposait le droit de cité, en les privant de quelques uns des avantages qu’il conférait, et que Caracalla leva ces modifications. (Note de l’Éditeur.)
  2. Dion, l. LXXVII, p. 1295.