Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/403

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rité civile, et de choisir pour prince et pour général un véritable soldat nourri dans les camps, accoutumé aux fatigues de la guerre, capable, en un mot, de maintenir la gloire de l’empire, et d’en distribuer les trésors aux compagnons de sa fortune. » Une grande armée, commandée par l’empereur en personne, était alors assemblée sur les rives du Rhin, pour aller combattre les Barbares, contre lesquels, aussitôt après la guerre de Perse, l’empereur avait été obligé de marcher ; et l’on avait confié à Maximin le soin important de discipliner et de passer en revue les nouvelles levées. [A. D. 235, 19 mars.]Un jour, comme il entrait dans le lieu des exercices, les troupes, excitées par un mouvement subit ou par une conspiration déjà formée, le saluèrent empereur, firent cesser ses refus obstinés par des acclamations redoublées, et se hâtèrent de consommer leur rebellion, en trempant leurs mains dans le sang d’Alexandre.

Meurtre d’Alexandre Sévère.

Les circonstances de la mort de ce prince sont rapportées différemment. Quelques écrivains ont prétendu qu’il rendit le dernier soupir sans avoir eu la moindre connaissance de l’ingratitude et de l’ambition de Maximin. Selon eux, l’empereur, après avoir pris un léger repas en présence de l’armée, s’était retiré pour dormir ; vers la septième heure du jour, un parti de ses propres gardes pénétra dans la tente impériale, et perça de plusieurs coups ce prince vertueux et sans défiance[1]. Si nous ajoutons

  1. Hist. Aug., p. 135. J’ai adouci quelques-unes des cir-