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HISTOIRE DE LA DÉCADENCE

qui accablerait la délicatesse d’un soldat moderne, les Romains étaient accoutumés à marcher d’un pas régulier, et à faire près de vingt milles en six heures[1]. À l’approche de l’ennemi, ils se débarrassaient de leur bagage, et, par des évolutions aisées et rapides, l’armée, qui marchait sur une ou sur plusieurs colonnes, se formait en ordre de bataille[2]. Les frondeurs et les archers escarmouchaient à la tête ; les auxiliaires formaient la première ligne, et ils étaient soutenus par les légions : la cavalerie couvrait les flancs ; enfin, on plaçait derrière le corps d’armée les machines de guerre.

Nombre et disposition des légions.

Telle fut la science guerrière qui défendit les vastes conquêtes des empereurs, et conserva l’esprit militaire, dans un temps où le luxe et le despotisme avaient étouffé toute autre vertu. Si nous cherchons maintenant à nous faire une idée du nombre des troupes dont se composaient les armées romaines, nous verrons combien il est difficile de l’apprécier avec une certaine exactitude. Il paraît cependant que la légion était un corps de douze mille cinq cents hommes, parmi lesquels on comptait six mille huit cent trente-un Romains : le reste comprenait les auxiliaires. Sous Adrien et ses successeurs, l’armée sur le pied de paix comprenait trente de ces redou-

  1. Végèce, I, 9. Voyez Mémoires de l’Académie des inscriptions, tome XXV, p. 187.
  2. Ces évolutions sont admirablement expliquées par M. Guichard, nouveaux Mémoires, tome I, p. 141-234.