Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu/97

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DE L'EMPIRE ROMAIN. CHAP. I.

qui lui avait été enlevé du côté de l’orient. La Grenade et l’Andalousie ont à peu près les mêmes confins que l’ancienne Bétique ; le reste de l’Espagne, la Galice, les Asturies, la Biscaye, la Navarre, le royaume de Léon, les deux Castilles, la Murcie, le royaume de Valence, la Catalogne et l’Aragon, formaient la troisième province romaine : c’était en même temps la plus considérable, et on l’appelait Tarragonaise, du nom de sa capitale[1]. Parmi les naturels du pays, les Celtibériens étaient les plus puissans : une opiniâtreté invincible distinguait surtout les Asturiens et les Cantabres. Sûrs de trouver un asile dans leurs montagnes, ces peuples furent les derniers qui se soumirent aux armes de Rome ; et, quelques siècles après, ils secouèrent les premiers le joug des Arabes.

Gaule.

L’ancienne Gaule, qui comprenait tout le pays situé entre les Pyrénées, les Alpes, le Rhin et l’Océan, était beaucoup plus étendue que la France moderne. Aux domaines de cette puissante monarchie, et à l’acquisition récente qu’elle a faite de la Lorraine et de l’Alsace, il faut encore ajouter le duché de Savoie, les cantons de la Suisse, les quatre électorats du Rhin,

  1. Voyez Strabon, l. II. Il est assez naturel de supposer qu’Aragon vient de Tarraconensis : plusieurs auteurs modernes, qui ont écrit en latin, se servent de ces deux mots comme synonymes ; il est cependant certain que l’Aragon, petite rivière qui tombe des Pyrénées dans l’Èbre, donna d’abord son nom à une province, et ensuite à un royaume. Voyez d’Anville, Géographie du moyen âge, p. 181.