Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/208

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la rigueur et même la cruauté d’Aurélien. Un soldat avait séduit la femme de son hôte : le coupable fut attaché à deux arbres, qui, forcément courbés l’un vers l’autre, déchirèrent ses membres, en se redressant tout à coup. Quelques exécutions semblables inspirèrent un effroi salutaire : les châtimens d’Aurélien étaient terribles ; mais il avait rarement occasion de punir plus d’une fois la même offense. Sa conduite donnait une sanction à ses lois ; et les légions séditieuses redoutaient un chef, qui, après avoir appris à obéir, était digne de commander.

Traité de ce prince avec les Goths.

À la mort de Claude, les Goths avaient repris courage. L’appréhension d’une guerre civile avait obligé à retirer, pour les employer ailleurs, les troupes qui gardaient les passages du mont Hœmus et les bords du Danube. Selon toutes les apparences, les tribus des Goths et des Vandales, qui n’avaient point encore porté les armes contre l’empire, profitèrent d’une occasion si favorable, quittèrent leurs établissemens en Ukraine, traversèrent les fleuves, et se joignirent en foule à leurs compatriotes, pour piller les provinces romaines. Aurélien marcha au-devant de cette nouvelle armée. L’approche seule de la nuit

    d’un soldat ; elle est remplie de phrases et d’expressions militaires, dont quelques-unes ne peuvent être entendues sans difficulté. Saumaise explique très-bien ferramenta samiata : le premier de ces mots signifie toute arme offensive, et contraste très-bien avec arma, arme défensive ; le second signifie tranchant et bien affilé.