Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/408

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toyens désiraient, bientôt ils espérèrent chasser de l’Italie les tyrans étrangers, et remettre le sceptre entre les mains d’un prince qui, par le lieu de sa résidence et par ses maximes de gouvernement, méritât désormais de reprendre le titre d’empereur romain. Le nom et la situation de Maxence déterminèrent en sa faveur l’enthousiasme du peuple.

Maxence déclaré empereur à Rome. A. D. 306. 28 octobre.

Maxence, fils de l’empereur Maximien, avait épousé la fille de Galère. Ce mariage et sa naissance semblaient lui frayer le chemin au trône ; mais ses vices et son incapacité le firent exclure de la dignité de César, que, par une dangereuse supériorité de talent, Constantin avait mérité de ne pas obtenir. Galère voulait des associés qui ne pussent ni déshonorer le choix de leur bienfaiteur, ni résister à ses ordres. Un obscur étranger fut donc nommé souverain de l’Italie, et on laissa le fils du dernier empereur, redescendu à l’état de simple particulier, jouir de tous les avantages de la fortune dans une maison de campagne à quelques milles de Rome. Les sombres passions de son âme, la honte, le dépit et la rage, furent enflammées par l’envie, lorsqu’il apprit les succès de Constantin. Le mécontentement public ranima bientôt les espérances de Maxence. On lui persuada facilement d’unir ses injures et ses prétentions personnelles avec la cause du peuple romain. Deux tribuns des gardes prétoriennes et un intendant des provisions furent l’âme du complot ; et comme tous les esprits concouraient au même but, l’événement ne fut ni douteux ni difficile. Les gardes massacrèrent