Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/135

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ques et civiles, embarrassait les opérations du gouvernement romain ; et la piété de l’empereur s’effrayait à l’idée criminelle et dangereuse de porter une main profane sur l’arche d’alliance. La distinction des laïques et du clergé avait eu lieu, à la vérité, chez beaucoup de nations anciennes. Les prêtres des Indes, de la Perse, de l’Assyrie, de la Judée, de l’Éthiopie, de l’Égypte et de la Gaule, prétendaient tous tirer d’une origine céleste leur puissance et leurs possessions temporelles, et ces respectables institutions s’étaient insensiblement adaptées aux mœurs et au gouvernement de ces différens peuples[1]. Mais la discipline de la primitive Église était fondée sur une résistance dédaigneuse à l’autorité civile. Les chrétiens avaient été obligés d’élire leurs propres magistrats, de lever et de distribuer un revenu particulier, et de faire, pour régler la police intérieure de leur république, un code de lois ratifié par le consentement du peuple et par une pratique de trois cents

    vit. sancti Martini, c. 23, et le dialogue II, 7.) Cependant on ne sait si ces honneurs extraordinaires étaient rendus à la qualité de saint ou à celle d’évêque. On peut trouver dans les Antiquités de Bingham (l. II, c. 9) et dans Valois (ad Théodoret, l. IV, c. 6) les honneurs accordés aux évêques. Voyez l’étiquette hautaine à laquelle Léonce, évêque de Tripoli, soumit l’impératrice. (Tillemont, Histoire des empereurs, t. IV, p. 754 ; Patres apostolos, t. II, p. 179.)

  1. Plutarque nous apprend, dans son Traité d’Isis et d’Osiris, qu’on initiait les rois d’Égypte aussitôt après leur élection, dans l’ordre sacerdotal, lorsqu’ils n’étaient pas déjà prêtres.