Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/171

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est possible que le mensonge et la corruption aient fait condamner l’innocent ou aggraver la condamnation du coupable. Au reste, si une injustice de cette espèce eût terminé une dispute dangereuse, on pourrait la classer parmi les inconvéniens attachés à une administration arbitraire, auxquels la postérité ne prend point de part.

Schisme des donatistes. A. D. 315.

Cependant cet événement, qui paraît à peine digne d’une place dans l’histoire, fut la source d’un schisme qui désola durant plus de trois siècles la province d’Afrique, et n’y fut anéanti qu’avec le christianisme même. Les donatistes, enflammés du zèle inflexible du fanatisme et de la liberté, refusèrent d’obéir aux usurpateurs dont ils rejetaient l’élection et l’autorité spirituelle. Exclus de la société civile et religieuse de tout le genre humain, ils excommunièrent audacieusement le genre humain, qui embrassait la cause impie de Cécilien et celle des traîtres dont il avait reçu sa prétendue ordination. Ils assuraient avec confiance et avec une sorte de triomphe, que la succession apostolique était interrompue ; que la criminelle contagion du schisme enveloppait tous les évêques de l’Europe et de l’Asie, et que les prérogatives de l’Église catholique n’appartenaient plus qu’au petit nombre de fidèles Africains qui seuls avaient conservé la pureté de leurs préceptes et de leur discipline. À cette théorie sévère ils joignirent les pratiques les moins charitables. Tous les prosélytes qui leur venaient même des provinces les plus reculées de l’Orient