Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/214

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servent à représenter les idées les plus opposées, l’observation paraîtrait ridicule si l’on pouvait découvrir quelque différence réelle et sensible entre la doctrine de ceux qu’on appelait improprement semi-ariens, et la doctrine des catholiques. L’évêque de Poitiers, qui, dans la Phrygie où il était exilé, travaillait sagement à concilier les deux partis, cherche à prouver que par une interprétation pieuse et fidèle[1], on peut réduire l’homoiousion au sens de consubstantiel. Il avoue cependant que ce mot a quelque chose d’obscur et de suspect ; et comme si l’obscurité était l’essence des querelles théologiques, les semi-ariens, qui touchaient aux portes de l’Église, furent ceux qui les assaillirent avec la plus implacable fureur.

Foi de l’Église latine ou occidentale.

Les provinces de l’Égypte et de l’Asie, qui avaient adopté la langue et les mœurs des Grecs, étaient infectées du poison de la controverse sur l’arianisme. L’étude familière du système de Platon, un penchant naturel pour la discussion, un idiome harmonieux et abondant, étaient pour le peuple et le clergé de l’Orient une source inépuisable de mots, de distinc-

  1. Fideli et piâ intelligentiâ… De Synod., c. 77, p. 1193. Dans ses courtes remarques apologétiques (publiées pour la première fois par les bénédictins, d’après un manuscrit de Chartres) il observe qu’il se servait de cette expression mesurée, qui intelligerem et impiam (p. 1206 ; voy. p. 1146). Philostorg., qui voyait les mêmes objets sous un autre jour, incline à oublier la différence de l’importaute diphthongue. (Voyez VIII, 17 ; et Godefroy, p. 352.)