Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/239

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L’empereur jugea qu’il était prudent d’assurer la paix de l’Égypte par l’absence d’un chef factieux ; mais il refusa de nommer à son archevêché ; et la sentence qu’il prononça, après avoir hésité long-temps, fut plutôt un ostracisme jaloux qu’un exil ignominieux. Athanase passa vingt-huit mois dans la province reculée de la Gaule, mais à la cour hospitalière de Trêves. La mort de Constantin changea la face des affaires. [Restauration d’Athanase. A. D. 338.]L’indulgence d’un nouveau règne rétablit Athanase sur son siége archiépiscopal, et l’honorable édit que donna à cette occasion le jeune Constantin, exprime un sentiment profond de l’innocence et du mérite de l’hôte respectable qu’il avait reçu dans sa cour[1].

Son second exil. A. D. 341.

La mort de ce prince exposa le primat d’Égypte à une seconde persécution ; et le faible Constance, souverain de l’Orient, devint bientôt le complice secret du parti d’Eusèbe. Quatre-vingt-dix évêques de cette secte, ou plutôt de cette faction, s’assemblè-

    était aimé de l’empereur ; mais il eut le malheur de déplaire à Ablavius, préfet du prétoire. La flotte chargée de grains, faute d’un vent du midi, ne put arriver, et le peuple de Constantinople murmura. Sopater eut la tête tranchée, pour avoir, disait la sentence, arrêté les vents par une puissance magique. Suidas ajoute que Constantin voulait prouver par cette exécution qu’il avait absolument renoncé à la superstition des gentils.

  1. En revenant, il vit deux fois Constance à Viminiacum et à Césarée en Cappadoce. (Saint Athanase, t. I, p. 676.) Tillemont prétend que Constantin le présenta à ses deux frères dans la Pannonie. (Mém. ecclés., t. VIII, p. 69.)