Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 4.djvu/82

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pouvait pas lui donner un espoir raisonnable d’assurer la tranquillité publique, à moins qu’il ne parvînt à ranimer l’esprit martial des Romains, ou à policer les nations sauvages, et à introduire chez elles les arts et l’industrie. Cependant les victoires de Julien suspendirent un peu les invasions des Barbares, et retardèrent la chute de l’empire d’Occident.

Son influence salutaire se fit sentir aux villes de la Gaule accablée depuis si long-temps sous le poids des dissensions civiles, de la guerre des Barbares et de la tyrannie intérieure. On vit renaître l’esprit d’industrie avec l’espoir de la jouissance. L’agriculture, les manufactures et le commerce, commencèrent à refleurir sous la protection des lois, et les curiæ ou corporations civiles se remplirent de nouveau de membres utiles et respectables. La jeunesse cessa de rejeter le mariage, et les personnes mariées de craindre l’augmentation de leur famille. Les fêtes publiques et particulières se célébraient avec la pompe ordinaire, et la communication libre et fréquente rétablie entre les provinces présentait l’image du bonheur national[1]. Une âme comme celle de Julien devait jouir délicieusement de la prospérité dont il était l’auteur ; mais il jetait surtout les yeux avec complaisance et satisfaction sur la ville de Paris[2],

  1. Libanius, orat. parental. in imper. Julian., c. 38. ; in Fabricii græc. Bibliothec., t. VII, p. 263, 264.
  2. Voyez Julien, in Misopogon., p. 340, 341. L’ancienne situation de Paris est décrite par Henri Valois (ad Ammian, XX, 4), par son frère Adrien Valois, et par M. d’Anville,