Page:Gilbert - Le Dix-huitième Siècle, 1775.djvu/11

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Lit tout ; & même ſait par nos Auteurs Moraux
Qu’il n’eſt certainement un Dieu, que pour les ſots.
Parlerai-je d’Iris ? chacun la prône & l’aime ;
C’eſt un cœur, mais un cœur… c’eſt l’humanité même :
Si d’un pied étourdi quelque jeune Éventé
Frappe, en courant, ſon chien qui jappe, épouvanté ;
La voilà qui ſe meurt de tendreſſe & d’alarmes ;
Un papillon ſouffrant lui fait verſer des larmes ;
Il eſt vrai : mais auſſi qu’à la mort condamné,
Lalli ſoit, en ſpectacle, à l’échaffaut traîné ;
Elle ira, la première, à cette horrible fête
Acheter le plaiſir de voir tomber ſa tête :
Enfin dans les hauts rangs je cherche des vertus ;
J’y cherche un cœur honnête & je n’en trouve plus.
J’aurois pû te montrer nos Ducheſſes fameuſes,
Tantôt d’un Hiſtrion amantes ſcandaleuſes,
Fières de ſes ſoupirs obtenus à grand prix,
Elles-même aux railleurs dénonçant leurs maris ;
Tantôt, pour égayer leurs courſes ſolitaires,
Imitant noblement ces Grâces mercénaires
Qui, par couples nombreux, ſur le déclin du jour,
Vont aux lieux fréquentés colporter leur amour ;
Contens d’un héritier, dans les jours de leur force,
Les époux, très-amis, vivant dans le divorce ;
Vainqueurs des préjugés, les pères bienfaiſans
Du ſerrail de leurs Fils Eunuques complaiſans ;