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FLORENCE

femme de vertu et de dévouement. Une femme capable de sacrifier sa vie, s’il est nécessaire, pour ceux à qui elle s’est donnée sans retour : à son époux, par le mariage, à ses enfants par la maternité. S’il s’y joint la beauté, la distinction de famille, les richesses le trésor a d’autant plus de valeur. C’est la perle précieuse renfermée dans un écrin de haut prix. L’écrin lui donne un nouvel éclat et montre, au premier coup d’œil, l’excellence du bijou qui y est renfermé.

L’on se plaît souvent à dire dans le malheur comme dans le bonheur, que la fortune est capricieuse, qu’elle se joue des hommes. Plus d’une fois, cela est vrai. Jean Drusac, qui n’avait ambitionné qu’une femme riche, trouva une femme belle. Et, qui plus est, une femme de dévouement.

Son père, en mourant, lui avait laissé une quinzaine de mille francs. Il s’était acquis une position honorable en ouvrant une étude de notaire. De là, point de difficulté à décider un certain docteur de province à lui jeter sa fille par la tête. Elle, malheureusement, se laissa éblouir par ce qui fascine, surtout de nos jours, tant de jeunes filles. C’est à dire, un homme de profession libérale.

Et avec un homme de profession libérale, ma foi, on court toujours une chance de jouer un rôle plus ou moins actif, plus ou moins brillant sur la scène mondaine.

Est-ce que le laboureur, qui vit obscur au fond de ses terres en servant bien son Dieu et son pays, n’est pas plus grand sous l’étoffe grossière que l’homme d’État décoré, titré, honoré, adulé, qui ne pense qu’à s’enrichir tout en paraissant servir son pays ?