Page:Girardin - La République et les Républicains.djvu/7

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lonté populaire. Remarquons en outre que, après la conquête, le vainqueur peut alléguer du moins l’horrible droit du plus fort, tandis que, après une révolution comme celle qui s’est heureusement accomplie en France au mois de février, et d’où est sortie la république, on ne peut s’appuyer sur aucune raison, sur aucun motif ; il ne peut, en effet, y avoir ni vainqueur ni vaincu ; la nation entière est rentrée dans ses droits et chaque citoyen dans sa liberté, voilà tout.

Dans l’ancienne Grèce, la république d’Athènes ne ressemblait pas à la république de Lacédémone. Entre les républiques italiennes du moyen-âge il existait partout des différences. Les deux républiques de Venise et de Gênes, entre autres, quoique toutes les deux eussent pour chef un doge, ne présentaient aucune ressemblance dans leur état intérieur. La Suisse, la première, donna l’exemple en Europe d’une république fédérale, c’est-à-dire d’une agglomération des cantons suisses réunis en une seule puissance politique, tandis que chacun de ces cantons restait souverain indépendant pour tout ce qui concernait son administration de famille, ses mœurs, ses coutumes et ses usages. Quand la Hollande eut secoué le joug de l’Espagne, elle se forma aussi en république des Provinces-Unies, libre et indépendante, mais sous l’autorité d’un stathouder. Si partout, là, la liberté porta ses meilleurs fruits, c’est que partout, là aussi, les mœurs, les coutumes et les usages du peuple, furent respectés.

La république des États-Unis d’Amérique, en partie modelée dans la division de son territoire sur celle des Provinces-Unies de la Hollande, présente cependant un exemple à part. Sa fondation ne résulta pas d’un changement de gouvernement ; ce fut la liberté, succédant à l’esclavage, qui lui donna naissance ; ce fut un peuple tout nouveau se donnant à lui-même des lois à sa convenance ; respectant les mœurs et les coutumes locales, se liant dans l’unité d’un congrès et confiant la direction de ses affaires générales, sous l’autorité du congrès, à un président, dont