Page:Giraudoux - Électre.djvu/130

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ÉLECTRE. – Non. Je veux que leur visage soit noir en plein midi, leurs mains rouges. C’est cela la lumière. Je veux que leurs yeux soient cariés, leur bouche pestilentielle.

LE MENDIANT. – Pendant que tu y es, tu ne saurais trop demander.

ÉLECTRE. – C’est le coq… Je le réveille ?

LE MENDIANT. – Réveille-le si tu veux. Moi je lui donnerais cinq minutes.

ÉLECTRE. – Cinq minutes de néant… Pauvre cadeau.

LE MENDIANT. – On ne sait jamais. Il y a un insecte, paraît-il, qui ne vit que cinq minutes. En cinq minutes, il est jeune, adulte, cacochyme, il épuise toutes les combinaisons d’histoires d’enfance, d’adolescence, de déboîtage du genou et de cataracte, d’unions légitimes ou morganatiques. Tiens, depuis que je parle, il doit en être au moins à la rougeole et à la puberté.