Page:Giraudoux - Électre.djvu/152

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n’en ai pas, mais vous trébucherez sur quelque pavé mortel pour vos sœurs et pour vous-mêmes.

ÉLECTRE. – Quel est ton amant ?

ORESTE. – Écoute-la, du moins, Électre !

CLYTEMNESTRE. – Je n’ai pas d’amant. Mais allez-vous me dire où serait le crime, si j’en avais un ?

ORESTE. – Ô mère, tu es reine !

CLYTEMNESTRE. – Le monde n’est pas vieux, et le jour vient de naître. Mais il nous faudrait déjà au moins jusqu’au crépuscule pour citer les reines qui ont eu un amant.

ORESTE. – Mère, je t’en supplie. Combats ainsi, combats encore ! Convaincs-nous. Si cette lutte nous rend une reine, bénie soit-elle, tout nous est rendu !

ÉLECTRE. – Tu ne vois pas que tu lui fournis ses armes, Oreste ?

CLYTEMNESTRE. – Très bien. Laisse-moi seule avec Électre, veux-tu ?

ORESTE. – Le faut-il, sœur ?