Page:Giraudoux - Électre.djvu/194

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ÉGISTHE. – Tu doutes de ma franchise !

ÉLECTRE. – Hélas ! Je n’en doute pas ! À votre franchise je reconnais l’hypocrisie des dieux, leur malice. Ils ont changé le parasite en juste, l’adultère en mari, l’usurpateur en roi ! Ils n’ont pas trouvé ma tâche assez pénible. De vous que je méprisais, voilà qu’ils font un bloc d’honneur. Mais il est une mue qui échoue dans leurs mains, celle qui change le criminel en innocent. Sur ce point, ils me cèdent.

ÉGISTHE. – Je ne sais ce que tu veux dire.

ÉLECTRE. – Vous le savez encore un tout petit peu. Prêtez l’oreille, au dessous de votre grandeur d’âme. Vous entendrez.

ÉGISTHE. – Qui me dira de quoi tu parles ?

CLYTEMNESTRE. – De qui peut-elle parler ? De quoi a-t-elle jamais parlé dans sa vie ! De ce qu’elle ne connaît pas. D’un père qu’elle ne connaît même pas.