Page:Giraudoux - Électre.djvu/208

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ÉLECTRE. – Oui. Léon aussi a glissé. Il était étendu dans son lit, et au matin on l’a trouvé mort. Il a trouvé le moyen de glisser dans la mort, en plein sommeil, sans bouger, sans glisser. Tu l’avais fait tuer, n’est-ce pas ?

CLYTEMNESTRE. – Mais défendez-moi donc, Égisthe ! Je vous crie au secours !

ÉLECTRE. – Il ne peut rien pour toi. Tu en es au point où l’on doit se défendre soi-même.

CLYTEMNESTRE. – Ô mon Dieu, en être amenée là. Une mère, une reine !

ÉLECTRE. – Où là ? Apprends-nous comment s’appelle cela, où tu es amenée ?

CLYTEMNESTRE. – Par cette fille sans cœur, sans joie ! Ah ! heureusement que ma petite Chrysothémis aime les fleurs !

ÉLECTRE. – Je ne les aime pas, les fleurs ?

CLYTEMNESTRE. – En être là ! Par ce couloir imbécile qu’est la vie, en être arrivée là ! Moi qui jeune fille n’aimais que le calme, que soigner mes bêtes, rire