Page:Giraudoux - Électre.djvu/30

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AGATHE. – Beaucoup de mémoire surtout. Ce n’est pas toujours la même chose. Moi je n’ai pas de mémoire. Excepté pour ton anniversaire, chéri. Cela, je ne l’oublie jamais.

L’ÉTRANGER. – Que peut-elle faire alors, que peut-elle dire, pour qu’on la traite ainsi ?

LE PRÉSIDENT. – Elle ne fait rien. Elle ne dit rien. Mais elle est là.

AGATHE. – Elle est là.

L’ÉTRANGER. – C’est son droit. C’est le palais de son père. Ce n’est pas de sa faute s’il est mort.

LE JARDINIER. – Jamais je n’aurais eu l’audace de songer à épouser Électre, mais puisque Égisthe l’ordonne, je ne vois pas ce que j’ai à craindre.

LE PRÉSIDENT. – Tu as tout à craindre, c’est le type de la femme à histoires.

AGATHE. – Et s’il ne s’agissait que de toi ! Notre famille a tout à craindre !

LE JARDINIER. –