Page:Giraudoux - Électre.djvu/80

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ne casse rien ! Jamais je n’échappe un verre ou un bague… Je suis si stable que les oiseaux se posent sur mes bras… De moi on s’envole, on ne tombe pas… C’est justement ce que je me disais, quand il a perdu l’équilibre : Pourquoi, pourquoi la malchance veut-elle qu’il ait eu sa sœur près de lui !

ÉGISTHE. – Elles sont folles !

ÉLECTRE. – Et moi je me disais, dès que je l’ai vu glissant : au moins si c’est une vraie mère, elle va se courber pour amortir la chute. Ou elle va se plier, ou se voûter, pour créer une pente, pour le rattraper avec ses cuisses ou ses genoux. On va voir s’ils deviennent prenants, s’ils comprennent, les cuisses et les genoux altiers de ma mère ! On en doutait ! On va le voir !

CLYTEMNESTRE. – Tais-toi.

ÉLECTRE. – Ou elle va s’incliner en arrière, de façon que le petit Oreste glisse d’elle comme un enfant de l’arbre où il a déniché un nid. Ou elle va tomber, pour qu’