Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/195

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et pleurant sans raison, lorsque je t’ai poussé, le ciel sait pourquoi, à voir certaines mauvaises femmes, sous le prétexte que notre amour en serait plus vif, tu n’as rien dit, tu n’as rien fait, tu ne m’as pas obéi, n’est-ce pas ?

AMPHITRYON. — Non. J’ai voulu que tu sois fière de nous deux quand viendrait l’âge.

ALCMÈNE. — Aussi quelle superbe vieillesse ! La mort peut venir !

AMPHITRYON. — Quelle mémoire sûre nous avons de ce temps éloigné ! Et ce matin, Alcmène, où je revins à l’aube de la guerre pour t’étreindre dans l’ombre, te le rappelles-tu ?

ALCMÈNE. — À l’aube ? Au crépuscule, veux-tu dire ?

AMPHITRYON. — Aube ou crépuscule, quelle importance cela a-t-il maintenant ! À midi, peut-être. Je me