Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/20

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pénible que de suivre leur jeu en chair et en couleur !

JUPITER. — Elle est là, cher Mercure, enjouée, amoureuse.

MERCURE. — Et docile, à ce qu’il paraît.

JUPITER. — Et ardente.

MERCURE. — Et comblée, je vous le parie.

JUPITER. — Et fidèle.

MERCURE. — Fidèle au mari, ou fidèle à soi-même, c’est là la question.

JUPITER. — L’ombre a disparu. Alcmène s’étend sans doute, dans sa langueur, pour s’abandonner au chant de ces trop heureux rossignols !

MERCURE. — N’égarez pas votre jalousie sur ces oiseaux, Jupiter. Vous savez parfaitement le rôle désintéressé qu’ils jouent dans l’amour des femmes. Pour plaire à celles-là, vous vous êtes déguisé parfois en taureau, jamais en rossignol.