Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/48

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


AMPHITRYON. — C’était un soldat anonyme. Ils sont un certain nombre comme cela ; c’est juste le contraire des étoiles.

ALCMÈNE. — Pourquoi n’a-t-il pas dit son nom ? Je lui aurais élevé un monument dans le palais. Toujours, son autel aurait été pourvu d’offrandes et de fleurs. Aucune ombre aux enfers n’aurait été plus choyée que le tué de mon époux… Ah ! cher mari, je me réjouis que tu sois l’homme d’une seule victoire, d’une seule victime. Car peut-être aussi es-tu l’homme d’une seule femme… Ce sont tes chevaux !… Embrasse-moi…

AMPHITRYON. — Non, les miens vont l’amble. Mais je peux t’embrasser quand même. Doucement, chérie, ne te presse pas trop contre moi ! Tu te ferais mal. Je suis un mari de fer.

ALCMÈNE. — Tu me sens, à travers ta cuirasse ?