Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


MERCURE. — Oui, votre cerveau… Il convient d’y remplacer d’urgence les notions divines par les humaines… Que pensez-vous ? Que croyez-vous ? Quelles sont vos vues de l’univers, maintenant que vous êtes homme ?

JUPITER. — Mes vues de l’univers ? Je crois que cette terre plate est toute plate, que l’eau est simplement de l’eau, que l’air est simplement de l’air, la nature la nature, et l’esprit l’esprit… C’est tout ?

MERCURE. — Avez-vous le désir de séparer vos cheveux par une raie et de les maintenir par un fixatif ?

JUPITER. — En effet, je l’ai.

MERCURE. — Avez-vous l’idée que vous seul existez, que vous n’êtes sûr que de votre propre existence ?

JUPITER. — Oui. C’est même très curieux d’être ainsi emprisonné en soi-même.