Page:Giraudoux - Amphitryon 38.djvu/94

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de stupeurs et d’illusions, où nous devons nous tirer seuls d’affaire, moi et mon cher mari.

JUPITER. — Tu es impie, Alcmène, sache que les dieux t’entendent !

ALCMÈNE. — L’acoustique n’est pas la même pour les dieux que pour nous. Le bruit de mon cœur couvre sûrement pour des êtres suprêmes celui de mon bavardage, puisque c’est celui d’un cœur simple et droit. D’ailleurs pourquoi m’en voudraient-ils ? Je n’ai pas à nourrir de reconnaissance spéciale à Jupiter sous le prétexte qu’il a créé quatre éléments au lieu des vingt qu’il nous faudrait, puisque de toute éternité c’était son rôle, tandis que mon cœur peut déborder de gratitude envers Amphitryon, mon cher mari, qui a trouvé le moyen, entre ses batailles, de créer un système de poulies pour fenêtres et d’inventer une nouvelle greffe pour les vergers. Tu as modifié pour moi le