Page:Giraudoux - Simon le pathétique.djvu/124

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HU SIMON LI PATHÉTIQUB • [

galopait délirant autour du rond-point, poursuivi I par un autre fox qui, à ce jeu, perdait le sien. Trois jeunes filles enlacées, trois sœurs, levaient la tête vers nous, et, des deux seuls bras qu’elles p avaient libres, nous faisaient de grands si- " gnaux. Celle du milieu, condamnée à ne point remuer, jusqu’au coin de la rue tournait la tète vers moi, me souriait..

Hélène était chaque jour plus tendre et plus » calme. Je lui apprenais à se taire et à obéir. Je lui apprenais que la femme est plus bornée que l’homme, qu’elle doit en tout l’écouter, l’aimer W ’ — mais sans l’importuner — partout le suivre. 3 — Je lui appris à être heureuse par le beau temps, et à laisser chaque tache de soleil marquer sur elle pour la journée ; par la pluie, et à rire des jeunes gens en jaquette qui courent sous Paverse vers la porte eochère — oubliant soudain dans leur panique qu’ils sont prêts à mourir pour leur amie. Les ombres de ses amis n’allongèrent plus soudain sans raison, et ne diminuèrent plus. Elle ne poursuivit plus de sa haine l’abbé qui faisait le bésigue de la famille et qu’elle Q trouvait sans mystère. L’abbé y gagna un dîner par semaine. Dieu y gagna d’éohapper à l’inquisition de cette jeune femme qui, hier encore, l