Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/217

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MARGUERITE.

Pensez un seul moment à moi et j’aurai ensuite assez le tems de penser à vous.

FAUST.

Vous êtes donc toujours seule !

MARGUERITE.

Oui, notre ménage est très-petit, et cependant il faut qu’on y veille. Nous n’avons point de servante, il faut cuire, balayer, tricoter et coudre, courir soir et matin ; ma mère est si exacte dans les plus petites choses !….. Non qu’elle soit contrainte à se gêner beaucoup, nous pourrions nous remuer encore comme bien d’autres. Mon père nous a laissé un joli avoir, une petite maison et un jardin à l’entrée de la ville. Cependant, je mène en ce moment des jours assez paisibles ; mon frère est soldat, ma petite sœur est morte : cette enfant me donnait bien du mal ; cependant