Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/228

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Forêt et Cavernes.


FAUST, seul.

Sublime Esprit, tu m’as donné, tu m’as donné tout, dès que je te l’ai demandé. Tu n’as pas en vain tourné vers moi ton visage de feu. Tu m’as livré pour royaume la majestueuse nature, et la force de la sentir, d’en jouir : non, tu ne m’as pas permis de n’avoir qu’une admiration froide et interdite, en m’accordant de regarder dans son sein profond, comme dans le sein d’un ami. Tu as amené devant moi la longue chaîne des vivans, et tu m‘as instruit à reconnaître mes frères dans le buisson tranquille, dans l’air et dans les eaux. Et quand, dans la forêt, la tempête mugit et crie, en précipitant à terre les pins gigantesques dont les tiges voisines se froissent