Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/79

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la transfusion des contraires. C’était un lion rouge, hardi compagnon, qu’il unissait dans un bain tiède à un lys ; puis, les plaçant au milieu des flammes, il les transvasait d’un creuset dans un autre. Alors apparaissait, dans un verre, la jeune reine[1] aux couleurs variées ; c’était là la médecine, les malades mouraient ; et personne ne demandait : Qui a guéri ? C’est ainsi, qu’avec des électuaires infernaux, nous avons fait dans ces montagnes et ces vallées un ravage beaucoup plus funeste que la peste elle-même. J’ai moi-même offert le poison à des milliers d’hommes ; ils y ont tous passé, et moi je survis, hardi meurtrier, pour qu’on m’adresse des éloges.

VAGNER.

Comment pouvez-vous vous troubler de cela ? Un brave homme ne fait—il pas assez, quand il exerce avec sagesse et ponc-

  1. Noms de diverses compositions alchimiques.