Page:Goethe-Nerval - Faust 1828.djvu/81

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toutes les hauteurs s’enflammer, toutes les vallées s’obscurcir, et les vagues argentées des fleuves se dorer en s’écoulant. La montagne avec tous ses défilés ne pourrait plus arrêter mon essor divin. Déjà la mer avec ses gouffres enflammés se dévoile à mes yeux surpris. Cependant le Dieu commence enfin à s’éclipser, mais un nouvel élan se réveille en mon ame, et je me hâte de m’abreuver encore de son éternelle lumière ; le jour est devant moi ; derrière moi la nuit ; au-dessus de ma tête le ciel, et les vagues à mes pieds. — C’est un beau rêve tant qu’il dure ! Mais, hélas ! le corps n’a point d’ailes pour accompagner le vol rapide de l’esprit ! cependant il n’est personne au monde qui ne se sente pressé d’un sentiment profond, quand, au-dessus de nous, perdue dans l‘azur des cieux, l’alouette fait entendre sa chanson matinale ; quand, au-delà des rocs couverts de pins, l’aigle plane, les ailes étendues, et qu’au-