Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/100

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« Mais le Hopak[1] ne se danse pas ainsi. Non, non ; ce n’est pas cela. Que me disait donc mon confrère ?… Allons ! hop, tra la la, hop, tra la, hop, hop, hop. »

Ainsi se parlait à lui-même un moujik d’âge mûr quelque peu éméché, en traversant la rue.

— Pardieu ! ce n’est pas ainsi que se danse le Hopak. Pourquoi me mentir ? Pardieu, non ce n’est pas cela. Allons hop, hop, tra la, hop tra la, hop, hop, hop.

— Est-ce qu’il perd la tête celui-là ? Passe encore pour un jeune homme, mais un vieux sanglier comme lui, danser ainsi dans la rue pour la risée des enfants ! — s’écria une vieille femme qui passait portant une brassée de paille. — Rentre donc chez toi ; il est largement temps de dormir.

— On y va, dit en s’arrêtant le moujik ; on y va. Ce n’est pas le bailli qui m’en empêchera. Pour qui me prend-il ? Parce qu’il fait verser de l’eau froide sur des gens déjà gelés, il s’avise de lever le nez. Bailli ! Bailli ! mais je suis moi-même mon bailli. Et que le diable

  1. Danse nationale de l’Ukraine.