Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/101

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m’emporte ! Que m’emporte le diable ! je suis moi-même mon bailli. C’est entendu, bien entendu, — continua-t-il, en s’approchant de la première Khata venue, à la fenêtre de laquelle il s’arrêta, tâtant du doigt les vitres et cherchant à saisir le loquet en bois.

— Baba, ouvre ! baba, vite ! On te dit : Ouvre ! Il est temps de dormir, pour le Cosaque.

— Où vas-tu, Kalenik ? Te trompes-tu de porte ? — criaient au milieu des rues, derrière lui, des jeunes filles rentrant de la danse. — Faut-il te montrer ta Khata.

— Montrez, mes chères petites.

— Ses chères petites ! — entendez-vous ? exclama l’une d’elles. — Comme il est aimable ce Kalenik ! Il mérite qu’on lui indique sa Khata… mais non, danse d’abord.

— Danser !… Et vous, coquines, — fit d’une voix traînante Kalenik en les menaçant du doigt ; et riant et flageolant sur ses jambes il reprit : Vous laisserez-vous embrasser ? Je vous embrasserai toutes, toutes…

Et titubant, il se mit à leur poursuite.

Les jeunes filles se mirent à crier et à courir