Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/124

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bailli en continuant à traîner dans le vestibule son prisonnier lequel, sans opposer la moindre résistance, le suivait docilement comme s’il entrait dans sa propre khata.

— Karpo, ouvre le cachot, dit le bailli au dizainier. Nous allons l’enfermer dans le cachot noir, puis nous réveillerons le scribe ; nous réunirons les dizainiers ; nous ferons une rafle de tous ses complices et, aujourd’hui même, nous règlerons leur compte.

Le dizainier fit résonner un petit cadenas et ouvrit le cachot.

À ce moment, le prisonnier, profitant de l’obscurité du vestibule, se dégagea de ses mains avec une force extraordinaire.

— Halte là ! exclama le bailli en le saisissant plus fortement au collet.

— Laisse donc ! c’est moi, fit entendre une voix aigrelette.

— Inutile ! inutile ! frère, tu auras beau piauler, non seulement comme un diable mais comme une baba, tu ne me donneras pas le change, — et il le poussa avec une telle violence dans le cachot sombre que le pauvre prisonnier gémit et roula par terre.