Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/140

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— Parobok, dit-elle, — et quelque chose d’un touchant inexprimable résonnait dans ses paroles, — Parobok, trouve-moi ma marâtre, Je ne te refuserai rien ; je te récompenserai ; je te récompenserai largement et richement. J’ai des manchettes de soie brodées ; j’ai du corail, des colliers. Je te ferai cadeau d’une ceinture ornée de brillants. J’ai de l’or… Parobok, trouve-moi ma marâtre. C’est une terrible sorcière ; je n’ai pas eu de repos sur la terre à cause d’elle. Elle me torturait ; elle me forçait à travailler comme une simple moujitchka. Regarde mon visage ! elle a terni la couleur de mes joues par ses sorcelleries impures. Regarde mon cou blanc, les bleus qu’y ont faits ses griffes de fer ne s’effacent plus, ne s’effaceront jamais. Regarde mes pieds blancs ; ils ont beaucoup marché, mais pas sur des tapis, sur le sable brûlant, sur la terre humide, sur les pierres, ils ont marché ! Et mes yeux ! regarde mes yeux : ils sont éteints sous les larmes. Trouve-la, Parobok, trouve la marâtre !

Sa voix, qui tout à coup s’était élevée, se tut. Des torrents de larmes coulèrent