Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/156

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cun ne nous intéressait autant qu’une de ces vieilles légendes qui vous donnent des frissons dans tout le corps et vous font dresser les cheveux sur la tête. Parfois une telle peur vous envahit, que vers le soir vous croyez voir un monstre dans le moindre objet. Quand il m’arrivait d’être obligé de sortir de ma chambre pendant la nuit, je ne faisais que penser : Pourvu que quelque revenant ne vienne pas se coucher sur mon lit ! Et que je meure ! si je ne prenais pas ma propre svitka, posée du côté de la tête, pour un diable recroquevillé !… Mais ce qui était surtout à considérer dans le récit du grand-père, c’est que de toute sa vie, il ne mentait jamais ; et ce qu’il racontait était réellement arrivé tel quel.

C’est une de ces histoires extraordinaires que je vais vous narrer à l’instant. Je sais qu’il se trouve beaucoup de ces raisonneurs, écrivains publics, sachant même lire les caractères laïques[1] à qui, cependant, vous

  1. En Russie, tous les livres de l’Église, tels que bréviaires, etc., sont écrits en caractères vieux-slaves. On commençait autrefois à apprendre à lire par ces caractères ; et on considérait comme suffisamment lettré celui qui les connaissait. (Note du traducteur.)