Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/178

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Pendant ce temps, Pidarca lui apprit que des Tziganes de passage avaient volé Ivas ; mais Petre ne se rappelait plus rien, à tel point l’infernale diablerie l’avait étourdi.

Il n’y avait pas de temps à perdre. On fit un pied de nez au Polonais, et on commença les préparatifs du mariage. On fit cuire des chichkas[1] ; on confectionna des essuie-mains brodés et des foulards ; on remonta de la cave un tonneau d’eau-de-vie ; on fit asseoir à table les jeunes mariés ; le pain de noce fut coupé ; des bandouras, des cymbales, des fifres, des kobzas retentirent.

On ne peut pas comparer les noces du vieux temps aux noces d’aujourd’hui. Quand la tante de mon grand-père se mettait à nous les raconter,… je ne vous dis que ça… D’abord c’était comment les jeunes filles — richement coiffées de rubans jaunes, bleus, roses, par-dessus lesquels se nouaient des passementeries dorées, et, en chemise de toile fine brodée sur toutes les coutures de soie rouge et toutes couvertes de petites fleurs d’ar-

  1. Petits pains laits exprès pour le mariage.