Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/180

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partie, Une bandoura dans les mains, en tirant de sa pipe des bouffées de fumée et en chantonnant en même temps, un gobelet sur la tête, il s’élança et se mit à tournoyer, accompagné par les cris des noceurs.

Que de choses n’invente-t-on pas quand on a déjà la tête un peu échauffée ! On se déguisa et on mit des masques. On ne ressembla plus à des gens ! Ce n’étaient pas comme les travestissements de nos noces d’aujourd’hui. Que fait-on maintenant ? on se borne à imiter les Tziganes et les Moscovites. Non, tandis que jadis, l’un se travestissait en Juif, l’autre en diable, on commençait d’abord par s’embrasser, puis on se tirait par les cheveux… Enfin, que vous dirai-je ? on riait à s’en tenir les côtes. On mettait des habits de Turc et des habits de Tartare ; cela brillait sur vous comme du feu… et quand on se mettait à faire des tours… alors il fallait emporter tous les saints de la maison[1] !

À mon arrière-grand’tante qui assista à cette

  1. Locution russe pour exprimer la gaieté poussée jusqu’à la folie. (Note du traducteur.)