Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/186

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rait dans le ravin de l’Ours et qui avait la renommée de guérir toutes les maladies du monde. Pidarca se décida à employer ce dernier moyen. Elle se rendit à l’endroit indiqué et réussit à persuader la vieille de la suivre au village.

C’était précisément ce soir-là encore la veille de la Saint-Jean. Petro était étendu sur un banc et ne vit pas la nouvelle arrivée ; mais peu à peu, il commença à se soulever et à l’examiner. Tout à coup il tressaillit comme sur le billot ; ses cheveux se dressèrent sur sa tête et il s’esclaffa d’un tel rire que Pidarca en devint terrifiée.

— Je me souviens, je me souviens, s’écria-t-il, avec une joie horrible, et, brandissant une hache, il la lança de toutes ses forces dans la vieille. La hache s’enfonça de trois pouces dans la porte de chêne. La vieille disparut et un enfant de sept ans, en chemise blanche, la tête recouverte, resta au milieu de la khata… Le drap tomba.

— Ivas ! s’écria Pidarca en s’élançant vers lui. Mais le fantôme se couvrit de sang de la tête aux pieds et remplit la khata d’une lumière