Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/198

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grand-père oublia tout à fait son voyage. Ils burent autant qu’à une noce avant le grand carême.

Enfin ils furent las de casser des pots et de semer l’argent dans la foule ; d’ailleurs la foire elle-même ne pouvait pas durer une éternité ; les deux nouveaux amis convinrent alors de ne pas se séparer et de faire route ensemble.

La soirée était déjà avancée quand ils se trouvèrent au milieu des champs. Le soleil partit pour le repos, ne laissant çà et là derrière lui que des bandes rougeâtres. La campagne, avec ses prairies bigarrées, était pareille aux robes de fête des jeunes filles aux noirs sourcils. Une terrible démangeaison de langue empoigna notre Zaporogue ; mon grand-père et un autre noceur qui s’était joint à eux, pensaient déjà qu’un diable avait dû s’introduire en lui. Où allait-il chercher toutes ces histoires et contes si drôles que mon grand-père s’en tenait les côtes et faillit en avoir mal au ventre. Mais plus on avançait, plus l’obscurité augmentait, et en même temps les discours du gars perdaient de leur