Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/200

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ser le diable flairer de son museau de chien une âme chrétienne.

Nos Cosaques auraient peut-être poursuivi leur route, si la nuit n’avait pas enveloppé tout le ciel comme d’un voile noir et qu’il n’eût fait aussi sombre dans les champs que sous un touloupe de mouton. Au loin seulement scintillait une faible lueur, et les chevaux, sentant l’écurie proche, se dépêchaient, les oreilles tendues et leurs yeux perçant l’obscurité. La petite lueur semblait se porter d’elle-même à leur rencontre et, devant les Cosaques, apparut la petite maisonnette d’un cabaret, penchée sur le côté comme une femme au retour d’un joyeux baptême.

À cette époque, les cabarets n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui. Un honnête homme n’avait non seulement pas la place de se mettre à l’aise ou de danser le hopak, mais même de se coucher quand le vin alourdissait sa tête et que ses jambes commençaient à décrire des zigzags.

Toute la cour était encombrée de charrettes de Tchoumaks. Dans les hangars, dans les étables, dans le vestibule, tous ronflaient