Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/205

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garde le silence c’est qu’il a beaucoup d’esprit. » Seulement le cabaretier n’était pas très prodigue de paroles : et si mon grand-père n’avait pas sorti de sa poche cinq écus, il n’aurait pas tiré un seul mot de lui.

— Je vais l’apprendre comment tu pourras retrouver ta missive, dit l’hôte, en emmenant mon grand-père à l’écart.

Mon grand-père se sentit comme allégé d’un poids.

— Je vois déjà dans tes yeux que tu es un Cosaque et non pas une femme. Eh bien ! écoute : Tout près d’ici, un chemin tourne à droite dans la forêt. Aussitôt que le soir tombera sur les champs, trouve-toi prêt à te mettre en route. Dans la forêt vivent des tziganes qui ne sortent de leurs repaires que pour forger le fer aux heures de la nuit où les sorcières seules se promènent à cheval sur leur tisonnier. Quelle est, au fond, leur véritable profession ? Cela ne te regarde pas. Il y aura beaucoup de tapage dans la forêt ; seulement ne va pas dans la direction d’où tu l’entendras. Tu trouveras devant toi un petit sentier qui passe auprès d’un arbre brûlé par