Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/209

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


sances. Mais pour le moment il n’y avait pas à reculer, il fallait lier conversation.

Mon grand-père salua presque jusqu’à la ceinture et dit :

— Dieu soit avec vous, bonnes gens !

Pas un ne répondit même d’un hochement de tête. Toujours silencieux, ils versèrent quelque chose dans le feu. Remarquant une place libre, mon grand père l’occupa sans autre préambule. Longtemps on resta ainsi sans mot dire. Mon grand-père commençait déjà à s’ennuyer. Il se mit à fouiller dans sa poche, en tirant sa pipe et, tranquillement, examina les visages de ses compagnons. Personne ne s’occupait de lui.

— Voudriez-vous être assez aimable ?… Comment dirais-je… pour… (mon grand-père avait l’usage du monde et savait comment s’y prendre pour tourner une phrase ; devant le Czar même il ne se fût point laissé décontenancer) pour… pour que je me mette à l’aise et qu’en même temps je ne vous offense pas. J’ai bien du tabac, une pipe, mais rien pour allumer.

À son discours rien ne fut encore répondu.