Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/218

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tement, mon brave cheval ne se montre pas à l’instant devant moi, que le tonnerre m’étende raide sur cette place impure, si je ne vous soufflette pas tous avec la croix.

Et déjà, il levait le bras, quand tout à coup claqua devant lui le squelette de son cheval.

— Voilà ton cheval.

Le pauvre homme pleura comme un enfant en regardant le squelette. Il regrettait son vieux camarade.

— Fournissez-moi alors quelque autre cheval pour sortir de votre repaire.

Le diable fit claquer son fouet ; un cheval de feu apparut sous mon grand-père et l’emporta comme un oiseau vers les nues. Cependant la frayeur l’envahit au milieu de la route quand le cheval, n’écoutant pas ses cris, n’obéissant pas aux brides, vola au-dessus des abîmes et des marécages. Quels endroits ne vit-il pas ? On en tremblait rien qu’à l’entendre le raconter. Quand il s’avisait de regarder sous ses pieds, il voyait un gouffre à pic ; et cet animal de Satan, sans s’en s’inquiéter, marchait droit dessus.