Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/36

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grâce triste. Près d’elle, une vieille femme sourde cherche à deviner, sur ses lèvres, les mots qu’elle me dit. Elle me parle de sa mort prochaine… qui ne fera pas de vide. Son mari est excellent, mais il se consolera avec la peinture. Elle ne désire qu’une chose : c’est marier sa fille aînée qui se chargera de sa petite chérie. Alors elle sera toute prête à mourir.., sans regretter grand’chose.

A la fin, elle me demande la place de la tombe de mon frère, pour y aller en cachette, un jour qu’elle aura beaucoup de visites à faire.

Mardi 6 février. — Charles Robin se penche vers moi, et me dit :

« On devrait apprendre à chacun les qualités merveilleuses de la matière, de la matière portée au summum de son utilisation.

— Voici un livre que vous devriez faire !

— Oui, c’est vrai… mais je ne peux pas… Je n’ai pas la combinaison écrite. Dans la conversation, il m’arrive quelquefois de donner la notion de choses… Mais le lendemain, à froid, une plume à la main, ce n’est plus ça. »

Mercredi 7 février. — Théophile Gautier, ce soir, chez la princesse défendait Hugo, un peu contre tout