Page:Goncourt - Journal, t8, 1895.djvu/31

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PATRIE EN DANGER sont commencées. Mevisto me demande, de la manière la plus pressante, de créer le rôle du général Perrin, qu’il veut montrer sous l’aspect d’un général plébéien. Ça me fait un peu peur, un général plébéien ! mais il a l’air d’y tenir tant, que je cède à son désir.

Jeudi 21 février. — Grand dîner chez les Daudet. Lockroy arrive au milieu du dîner, en s’excusant sur ce qu’il a attendu son successeur, au ministère, pour lui remettre son tablier, et qu’il s’est présenté un premier successeur qui a été suivi d’un autre, qui n’était pas encore le vrai successeur, et qu’enfin il s’est décidé à ne pas attendre un troisième.

On cause du discours de Renan à l’Académie, et comme je me laisse aller à avouer toute la révolte de la franchise de mon esprit et de mon caractère, à propos du tortillage contradictoire de sa pensée, du oui et du non, que contient chacune de ses phrases parlée ou écrite, Mme Daudet, en une de ses charmantes ingénuités qu’elle a parfois, laisse tomber, comme si elle se parlait à elle-même : « Oui vraiment, il n’a pas le sentiment de l’affirmation ! »

Dimanche 24 février. — Journée anxieusement préoccupée. J’ai reçu ce matin une lettre de Mme Daudet