Page:Gouges - Testament (1793).djvu/7

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
(7)

s’armeront pour vous défendre, mourez du moins dignes de nos justes regrets et de l’admiration de la postérité.

Et vous, victimes du plus noir des forfaits, dignes de la première liberté de Rome après l’exil des Tarquins, qui pourra se retracer votre fermeté, votre soumission aux lois, sans vous placer aux cotés des Brutus, des Catons, etc. etc.

Je vois la postérité s’arrêter sur ces pages de l’histoire, où vos noms seront tracés, et verser des larmes d’admiration quand elle apprendra que, transportés de cet héroïsme républicain au milieu de la terreur et des menaces, vous avez volé à l’envie à la tribune pour offrir votre tête au peuple, et faire le sacrifice d’une vie sans tache à la chose publique.

Combien je me sens aussi transportée de ce même héroïsme qui épure le courage et fait pâlir les assassins ! Oui, tout m’annonce que c’est dans la même mort qui vous attend, que je trouverai la récompense de mes vertus civiques. Combien je m’énorgueillis de prendre votre défense et de mourir comme vous en vrai républicaine !

Vous que la France réclame, sur lesquels la majorité des citoyens de Paris gémit, et